Être à l’écoute de ses émotions et ressentis

Etre à l'écoute

L’intensité des premières semaines de vie

S’il fallait revivre l’expérience des premières semaines de vie sous l’angle de l’adulte, nous nous sentirions bien peu équipés et démunis pour affronter le monde. Tout ce que nous avons est un corps pour ressentir des sensations souvent inconnues, une bouche qui peut juste émettre des sons et manger, et des yeux pour voir à une certaine distance seulement.

Tout l’éventail des émotions et ressentis y passerait: la peur ou bien la surprise de nouvelles sensations physiques inconnues, l’inconfort, la fatigue, la faim, la solitude et la tristesse, l’impuissance de ne pouvoir répondre à nos besoins tout seul, la nécessité de dépendre totalement des autres et les frustrations qui s’ensuivent, la soumission à un environnement qui peut paraître agressif et incertain pour un corps encore peu adapté.

Notre seule ressource à ce moment là est de pleurer et de crier pour attirer l’attention et faire comprendre à notre entourage que nous avons un besoin à satisfaire.

Et puis heureusement, lorsque l’on est entendu, que l’on prend soin de nous, nous pouvons enfin éprouver du bien-être : les sensations de sécurité et de confiance, de réconfort et de soulagement, d’amour et de connection par le regard et le toucher, de satiété, de la joie et de la satisfaction, ce qui nous permet de nous lâcher totalement dans les bras de Morphée et à d’autres moments, de nous donner la confiance et la curiosité d’explorer ce monde mystérieux qui est le nôtre.

Utilisons nos ressources

La nature nous a façonné de cette façon, et c’est de cette façon que nous fonctionnons. Servons-nous de nos ressources. Notre corps est notre contact avec l’intérieur et l’extérieur. Il nous informe de notre état intérieur et nous signale les déséquilibres. Comme le bébé, c’est au travers des ressentis et de ce que nous éprouvons par les émotions que nous pouvons en déduire si nos besoins vitaux sont satisfaits. Reprenons contact avec cette ressource qui nous a permis de nous adapter à notre environnement et peu à peu d’affiner nos moyens de communication (bien que toujours perfectibles, à en juger tous les conflits suite à des problèmes de communication).

La solution réside en nous. Si j’utilise l’image de l’iceberg, les émotions et ressentis représentent la partie émergée de l’iceberg, celle qui nous est directement accessible si on veut bien l’écouter. Elle est reliée à la partie submergée, celle qui représente nos besoins vitaux, qui s’ils ne sont pas satisfaits peuvent nous rendre bien misérable. Mais s’ils sont satisfaits, ils nous permettent de nous sentir comme ce nouveau-né bien choyé. C’est la différence entre survivre et vivre pleinement.

Nous pouvons redécouvrir cette écoute au travers de méthodes et d’outils que je présenterai progressivement sur ce site.

Tenir son journal

Une des premières techniques que vous pouvez utiliser dès à présent est de tenir un journal de vos émotions et ressentis. Que ce soit sur le vif, ou bien le soir, à tête reposée, notez tous les moments et situations qui vous ont fait réagir. Ce peut être des réactions surdimensionnées, ou bien des irritations chroniques, des inconforts physiques mais aussi tout ce qui vous a fait sentir bien, fait éprouvé des émotions positives, ou encore ce qui a aidé à résoudre une situation.

Dressez le tableau suivant en vous plaçant en tant qu’observateur de vous-même. Vous observez la scène sans prendre parti.

Date et heure description situation description émotions et ressentis et leur intensité (échelle de 1 à 10), + ou –

Ce journal va vous permettre de réaliser les récurrences, leur nombre tout d’abord, les “boutons” qu’on touche qui vous font réagir au quart de tour, les sources de stress. Mais aussi il mettra en évidence ce qui vous fait vibrer, ce qui vous apporte du bien-être et de la satisfaction.

Ecrire les 3 moments positifs de la journée

Je recommande cet exercice à tous et particulièrement aux personnes qui se trouvent dans un état de déprime. Achetez un carnet où vous allez noter  3 moments de la journée qui ont été positifs à vos yeux. Ce peut être un rayon de soleil sur votre bras pendant 5 minutes, regarder une fourmi grimper sur les brins d’herbe, un plat que vous avez apprécier manger, etc. L’important n’est pas la durée, l’important est de l’écrire avec le plus de détails possibles, en utilisant le plus possible les émotions et ressentis. Tous les jours. Au début, vous arriverez probablement au soir, en vous demandant ce que vous allez bien pouvoir écrire. Et souvent, vous allez voir ce coté positif chez les autres, par exemple, le rire d’un enfant, sa joie qui vous aura touchée. Puis progressivement, vous allez prendre conscience du moment positif au moment où vous le vivez. Vous vous direz que ce sera ce moment que vous allez décrire dans votre journal. Avec la pratique, vous allez être capable d’apprécier de plus en plus les moments présents, ce qui est la clé du bonheur.

Je l’ai personnellement pratiqué lors de moments de déprime, et cela m’a permis de prendre conscience des petits bonheurs quotidiens qui m’entouraient et de me sentir mieux.